• Poèmes en prose - Héroïne

    Il n'est pas vraiment finalisé mais le gros est là.

     

    Encre, tu es mon héroïne, la protagoniste de ma vie et mon addiction ; impossible de me passer de toi, que je le veuille ou non tu t’imposes à moi.

     

    Tu me réveilles en plein milieu de la nuit ; mon corps réclame sa dose. Je me débats quelques secondes mais la tentation est trop forte : cela fait quatre jours que je pense à toi et que je me retiens, je n’en peux plus. Je me lève, m’installe à mon bureau aussi en désordre que mes pensées. Je m’empare d’un stylo vide, installe une cartouche d’encre, relève une manche jusqu’au pli du coude. J’ai chaud, j’ai le dos en sueur, mon cœur bat à cent à l’heure comme à chaque fois ; c’est un mélange d’excitation et d’angoisse qui me séduit à tous les coups.

     

    J’avale lentement ma salive  et pose la plume sur la feuille de papier vierge ; un point d’encre s’y imprime délicatement. Je commence à écrire ; j’ai la délicieuse sensation d’avoir une seringue plantée dans ma chair et je peux presque entendre le liquide salvateur s’écouler doucement dans mes veines. La drogue commence à faire effet ; mon sang transporte de la lumière et des flammes, des étoiles dansent devant mes yeux. Le rythme de ma respiration s’accélère, ma main écrit de plus en plus vite. Autour de moi plus rien n’existe, je suis comme aveugle et sourde. Une boule de désir gonfle involontairement dans mon ventre, des spasmes incontrôlables contractent mes muscles et des images irréelles défilent dans mon esprit.

     

    Je demeure dans un état second pendant une heure environ, puis mon corps s’affaisse, il ne tient plus. Ma tête s’écroule sur le bureau et ma main épuisée lâche le stylo, telle une aiguille usagée. Après l’extase, l’extrême fatigue. Si je ferme les yeux, je m’endors aussitôt. Pourtant je me force à rester éveillée pour profiter des dernières réminiscences de la béatitude qui s’évanouit déjà ; mon cœur bat encore à tout rompre de cette expérience si grisante.

     

    Mais bientôt le retour à la réalité m’écrase : un monde sans couleur et sans goût reprend ses droits. J’ai déjà envie de retourner dans mon paradis artificiel, néanmoins je me fais violence et m’allonge dans mon lit. Je tente de raisonner : « L’imagination est une prison dorée, ne te laisse pas enfermer. »

     

    Mais une part de moi murmure un insidieux conseil : « Entre et jette la clé pour toujours. »

     


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